22
juin
2002
Urfa – Harran
Finalement, la police touristique dont le bureau est pres des carpes d’hier dispose de documentation et d’un agent qui parle le français et qui n’envisage pas un instant qu’on parte sans avoir pris un cafe et fait la causette. D’ailleurs son commandant arrive (lui parle anglais) et apres les presentations d’usage, nous felicite chaudement… pour la brillante performance de l’equipe de France de foot : on n’a pas fini de l’entendre !
Bref, apres une photo souvenir du groupe, nous prenons un dolmus a l’otogar pour Harran (40 km, 1.500.000 TL par personne, 6.900 habitants).
Harran : soleil ecrasant et tres peu d’angles de prises de vue sans cables electriques… les photos des depliants touristiques doivent pas mal dater. Heureusement qu’on a les keffieh (pas tres esthetiques, mais absolument indispensables) : les appareils sont brulants et il y en a meme un qui degage une odeur de plastique brule passablement inquietante pour la suite des operations.
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Catégorie : Harran, Photos, Turquie, Urfa
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Finalement hier soir, il n’y avait (comme d’hab) que des kebap, au choix : Adana, Urfa, Aubergine, Iskender, sis… Mon Urfa ressemblant etrangement à son cousin d’Adana, ça merite des explications. Apres enquete, l’Adana est pimente, pas l’Urfa ; l’Aubergine c’est de l’Urfa avec des aubergines intercalees et l’Iskender c’est de l’Urfa servi avec du yaourt et de la tomate… Bonjour la variete !
En echange par contre, une equipe de jeunes serveurs tres empresses et le premier Turc qui s’amuse a nous taquiner sur la brillante performance de l’equipe de France de foot… on l’attendait celle-la !
Moyenne d’un repas de savoureux et inventifs kebap pour 2 : 10.000.000 TL, et pour info pour les fumeurs, le paquet d’americaines est a 2.000.000 TL.
Ce matin, taxi pour aller a l’office de tourisme. Comme le chauffeur n’a pas la moindre idee sur sa localisation, il s’arrete a tous les postes de police pour demander la direction : les keufs sont enchantes de nous souhaiter la bienvenue, meme celui que nous reveillons.
Finalement, la police touristique dont le bureau est pres des carpes d’hier dispose de documentation et d’un agent qui parle le français et qui n’envisage pas un instant qu’on parte sans avoir pris un cafe et fait la causette. D’ailleurs son commandant arrive (lui parle anglais) et apres les presentations d’usage, nous felicite chaudement… pour la brillante performance de l’equipe de France de foot : on n’a pas fini de l’entendre !Je lui apprends que la France qui est partageuse a fait expres de perdre rien que pour que la Turquie puisse gagner : visiblement, il ne s’y attendait pas et nous remercie sincerement (c’est pas vrai, il y croit vraiment en plus !).
Du coup, il voudrait savoir si la demoiselle est mariee ? Non la demoiselle n’est pas mariee. Et elle est celibataire ? Oui, en plus de ne pas etre mariee la demoiselle est celibataire… (Dur de garder son serieux !) Et vous restez plusieurs jours ? Et non, on part demain…
Scenario turc classique (apres enquete de terrain approfondie) : la premiere fois qu’on rencontre un Turc, il se renseigne ; la seconde, il met en avant son patrimoine, sa situation professionnelle (surtout les grades dans la police ou l’armee) et demande si on ne voudrait pas l’epouser. Il y a meme un commandant a Ovacik qui a essaye de me soudoyer en me faisant valoir que mariee a un militaire, je pourrais prendre toutes les photos que je voudrais.
Bref, apres une photo souvenir du groupe, nous prenons un dolmus a l’otogar pour Harran (40 km, 1.500.000 TL par personne, 6.900 habitants).
Harran : soleil ecrasant et tres peu d’angles de prises de vue sans cables electriques… les photos des depliants touristiques doivent pas mal dater. Heureusement qu’on a les keffieh (pas tres esthetiques, mais absolument indispensables) : les appareils sont brulants et il y en a meme un qui degage une odeur de plastique brule passablement inquietante pour la suite des operations.
Je passe le retour, vu que le temps de frappe est tres long, on se partage le travail et Sandrine doit etre en train de plancher dessus.
A part ça, nous n’avons pas vu Feridun – dommage, il devait me donner la recette du vin aux piments (faut vraiment etre Kurde pour avoir une idee pareille) – mais ça on l’aurait parie qu’il aurait un « empechement »… et les Turcs viennent de battre le Senegal et tiennent a nous le faire savoir. On vous laisse pour aller les féliciter : ça peut toujours servir pour la suite.

Route surchauffée pour Harran, dans un dolmush. Tout le monde dit que c’est la pire des heures. C’est vrai, mais on s’habitue. Pas trop touristique finalement. Les petits Arabes profitant des vacances font les guides. La Syrie est a 18 km de là. Harran, c’est vraiment la plaine. Briques séchées au soleil, torchis, tout est couleur de terre.
La citadelle est élégante, par contre, comme toutes les constructions omeyyado-ayyoubides. Il y a la porte d’Alep, la porte de Raqqa. Ça devait être une forteresse sur les postes frontières byzantins. J’aime d’ailleurs tous ces petits postes frontières, même les citadelles les plus simples. Elles sont toujours gracieuses et donnent une impression de sérénité, plus que celle d’un bâtiment de guerre.
Dans la « Culture House » de Harran, soudain, un groupe de touristes turcs, qui font irrésistiblement penser aux Japonais. Ils envahissent à 30 la maison, essaient tous les foulards, les robes, se font photographier en tenue. Puis le chauffeur du car donne le signal du départ et tout le monde se précipite, affolé, rendant pêle-mêle vêtements aux guides. Ils ressortent, repartent, et le tout n’aura pas duré plus de 20 minutes.
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