Archive de ◊ août, 2005 ◊

31 août 2005 Istanbul
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Une petite semaine entre potes, Fener (sous toutes les coutures) et course à l’avocat, un crétin d’ex-PKK s’étant permis d’utiliser une de mes photos pour la couverture de son bouquin. La contrefaçon qui n’est pas une première ici commerce sérieusement à me gonfler, d’autant que je ne tombe que sur un pourcentage infime !

 

Enfin bref, j’ai rendez-vous demain avec un avocat d’un grand cabinet… français.
25 août 2005 Retour à Istanbul
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Je cherche un moment le palais des sénateurs (senato sarayi) avant de comprendre : à part le panneau qui l’indique, il n’y a plus rien à voir ! 

La Göl kapi est en ruines, mais la balade au bord du lac est calme et joliment aménagée. J’en profite avant d’aller à l’otogar (5 millions en taxi) en me promettant que je reviendrai avec du matériel en état de fonctionnement. 

 

Il y a un départ immédiat pour Yalova (5 millions, 1 h) où je manque de peu le ferry pour Yenikapi (1 h, 10 millions). En attendant le suivant, je prends un döner/coca à l’embarcadère (8 millions). Le serveur veille sur mes sacs et vient me parler dès qu’il a quelques minutes libres… de Victor Hugo ! C’est la première fois : d’habitude, c’est Zidan ou Chirac qui font les frais de la conversation.

Pour info, il n’y a aucun accès au pont du ferry pour les passagers et interdiction de fumer : ggrrr !

24 août 2005 Iznik
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Re-malaise : ça devient de plus en plus fréquent et impossible de trouver un petit dej digne de ce nom dans le coin : ce n’est pas un kebap qui va me remettre en forme, déjà rien que l’odeur dès le matin !

 

Pas le courage de prendre les transports en commun avec 25 kg à porter, donc taxi jusqu’à l’otogar (16 millions) qui me laisse, contrairement à ce que je lui avait demandé, loin des mini bus. Heureusement, les Turcs sont sympas et un monsieur court pour m’aider sans que je n’ai rien demandé à personne.

 

Les mini bus sont ici nettement plus luxueux que dans les zones kurdes, comme d’ailleurs tout ce qui roule !

 

Bursa/Iznik (environ 1 h 10, 4 millions – Iznik 20.200 habitants).
L’hôtel Aydin est à côté de l’arrêt près de Aya Sofia. 35 millions, mais le standing est nettement plus élevé que d’habitude.

 

Iznik (ancienne Nicée) est une ville comme je les aime : verdoyante, entre modernité et ruines antiques, taille humaine, lac, alentours prospères (jamais autant vu d’oliviers).
J’ai pas mal de choses à voir :
  • Aya Sofia : les structures extérieures sont relativement en bon état. Style typique des églises byzantines, Sinan aurait participé à sa transformation (entrée 5 millions).

 

  • Mahmut çelebi camii (1442) 
  • Haci Özbek camii (m:1332) 
  • Seyh Kutbeddin (tombe construite par Candarli Ibrahim pasa pour Mehmed Muhyiddin Bin Kutbeddin-i Izniki mort en 1418) 
  • Lefke kapi 
  • II Murat hamami (Haci Hamza 500YY) 
  • çini firinlari 
  • les ramparts avec sur les portes des inscriptions en grec et des fresques bien conservées

 

 

 

  • le théâtre antique : en ruines malheureusement et comme je suis encore sous le coup de celui d’Orange, moins d’intérêt que prévu

 

 

  • le musée très bien restauré

 

  • yesil cami (encore et toujours pas verte) 
  • Yakup celebi camii 
  • Kyrgyz turbe

Journée bien remplie, je reprends des forces avec une glace pêche/citron sur la terrasse de l’hôtel. Bon, elle n’a ni le goût de pêche et je cherche toujours celui du citron, mais de superbes couleurs qui ne doivent pas grand chose aux fruits !

Je tente ma chance au magasin photo en face, mais ils ne font pas de réparation. Ca désole le jeune vendeur qui me sort précautionneusement son propre boîtier Minolta et insiste pour me le prêter. Incroyable, alors que je viens de lui expliquer que j’en ai bousillé 2 en 48 h ! C’est vraiment gentil, mais avec la poisse que j’ai en ce moment, je préfère continuer avec celui qui me reste, plein de poussière cappadocienne, mais qui fonctionne encore.

Dîner en face de l’hôtel : excellente soupe de poisson pour 1,5 millions.

Ce matin, le réceptionniste a annoncé d’un air très fier à la cantonade que j’étais française, de Paris (le top quoi) et que je parlais turc : genre, mon hôtel ne reçoit pas n’importe qui ! Depuis, dès que je passe 5 mn sur la terrasse, c’est le défilé. Je peux toujours prétendre que je parle UN PEU turc, il y en a toujours un pour expliquer à qui veut l’entendre que je parle parfaitement… me feront toujours marrer !

Iznik mérite vraiment le détour même si elle n’a plus ses célèbres anciennes céramiques (Istanbul en est largement mieux lotie). Le commerce de reproductions artisanales a l’air de bien se porter, et les 2 petits bols que j’ai achetés sont mignons comme tout. Dommage de ne pouvoir rapporter de pièces plus conséquentes, mais je n’ai pas la place nécessaire dans mes sacs et je ne voudrai pas que de splendides reproductions arrivent à Paris dans le même état que mes appareils !

7 pellicules aujourd’hui alors que je n’ai pas l’impression d’avoir pris beaucoup… On s’habitue vite au confort du numérique qui permet de mitrailler et de sélectionner tranquillement après.

 

Va falloir que je ralentisse sérieusement si je veux tenir jusqu’à l’aéroport !

23 août 2005 Bursa
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Arrivée à Bursa (1.195.000 habitants d’après un panneau) et taxi arnaque (15 millions) pour l’hôtel Günes. La chambre est petite (à peine la place pour mes sacs) mais propre et les sanitaires sont sur le palier.

 

Je commence par l’extérieur de l’ulu cami : elle est immense, je suis obligée de la photographier en kit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ville est grande, trop bruyante à mon goût, mais elle joue à fond la carte ottomane avec des monuments en excellent état.

La Gazi Orhan camii est sympa, mais toujours autant de circulation pas géniale pour les photos. Quitte à prendre un bain de foule, les bazars feront l’affaire : kapali çarsi, uzun çarsi, tuz çarsi…

Un tour à Yigit köhne camii avant d’aller au musée qui a l’air très intéressant, mais qui est évidemment fermé। Quelques photos à travers la grille, recharge du 500 SI et direction yesil cami (en fait blanche et non verte comme le suggère son nom ) et le célèbre yesil turbe (en fait bleu et non vert).

Un bruit sec et mou à la foi m’arrête : quelle nulle ! J’ai laissé le numérique sur mon sac photo en bandoulière pour recharger l’argentique et j’ai oublié de remettre la sangle à l’épaule… et mon nouveau joujou a fait un plongeon et atterri sur le bitume !

Le drame ! Un sélecteur sérieusement amoché et l’électronique en a pris un coup et me refuse toute collaboration…

Dej (iskender, coca, nes : 14 millions) dans un resto près des yesil, pendant lequel je tente de démonter l’appareil : impossible ! Malgré mes tournevis miniatures, c’est fou le nombre de vis que les ingénieurs sadiques de Minolta ont plantées dans le boîtier… j’abandonne, mais je n’ai plus le coeur de photographier.

Quelques photos quand même, mais sans conviction : 2 appareils HS en 48 h, ça fait un peu beaucoup et ça ne va pas être simple de terminer avec le seul qui soit encore intact. Je ne suis pas superstitieuse, mais j’ai du mal à me débarrasser de l’idée « pas deux sans trois »…

22 août 2005 Göreme
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Départ prévu en fin de journée et rien à organiser : Ahmet s’est occupé de me réserver une place dans le bus et a envoyé son fils chercher mon billet, le tout gracieusement évidemment et en prime, il refuse énergiquement que je paie quoique ce soit pour mon séjour ! J’ai déjà parlé de l’hospitalité turque ?

 

 

Je vais faire un tour à Göreme (environ 5 km) en tentant de suivre ses indications, mais j’ai visiblement encore loupé une partie du parcours.

Pas dramatique, les cheminées de fées, ça pousse partout dans le coin. Beaucoup comportent des grottes qui ont été occupées, mais les entrées sont trop hautes pour que je puisse y jeter un coup d’oeil.

 

Göreme est une petite ville touristique, donc évidemment plus chère que les villages du coin : bof, je préfère le charme plus typique et le calme de Cavusin.

J’aurais dû prendre le car à 500 m de la pension, mais Ahmet m’accompagne en voiture à la station de Göreme. Comme nous n’avons pas eu beaucoup l’occasion de nous voir, ça nous permet de discuter un peu.

Si il est bien plus indulgent que moi vis à vis des touristes, il partage mon opinion sur le manque de tact de certains. Je le console : ils ont l’air malin avec leur mini short qui met en valeur leurs cuisses écrevisses !

Adieux rapides à l’arrivée du car. Direction Bursa via Kayseri (19 h 30 à 7 h : 30 millions).

21 août 2005 Les vallées de çavusin
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Aujourd’hui, vallée rose et vallée rouge, toujours avec les explications et les photos points de repère d’Ahmet, en plus le début du parcours est fléché।

 

Grimpette, grimpette, grimpette। J »essaie d’oublier un vertige naissant en croisant les doigts pour que ça ne s’aggrave pas, d’autant qu’il n’est pas question de demander de l’aide : pas un chat à l’horizon.

En voulant passer dans un tunnel étroit (de toute façon, il n’y a pas d’autre chemin), je rape un pare-soleil contre la paroi… ça ne fait que commencer !

 

 

 

 

Ce qui est galère c’est la poussière। La craie s’insinue partout et je passe un temps pas possible à nettoyer les objectifs, d’autant qu’avec le numérique ça ne pardonne pas : la haute résolution c’est valable aussi pour les défauts.

 

 

 

 

 

Arrivée à l’üzümlü kilise du 8e siècle (église avec du raisin), c’est fermé ainsi que la petite lokanta à côté.

Je continue sans me tromper pour une fois, jusqu’à un passage qui ne me dit rien du tout. Ils ont bien mis une corde, mais trop haute pour moi, et même sans matériel ça craint. J’essaie quand même en laissant le sac derrière… et me rattrape au dernier moment avant de faire un plongeon d’une dizaine de mètres.

 

Ouais, ben, demi-tour, parait qu’il y a 2 autres chemins en arrivant sur la gauche. Je fais donc des kilomètres de chemins sur la gauche qui ne mènent à rien : encore heureuse de retrouver l’église aux raisins !

Cette fois, la lokanta est ouverte et investie par des Français. Arrêt bouffe donc, et le gardien me donne les clés de l’église. Ici aussi, les fresques sont saccagées. Je lui explique le passage infranchissable (vertige, matériel), et sympa, il m’indique un chemin qui suit un cours d’eau pour rentrer.

 

En fait, ce n’est pas à côté mais dans l’ancien lit d’un torrent aux arrêtes aigues, avec tunnels, dont un de 37 m dans le noir total. J’utilise le flash pour me repérer et éviter une éventuelle chute, mais mon jean ne résiste pas à ce qui ressemble à de la pierre ponce !

 

Je suis obligée de laisser tomber le sac photo avant moi (impossible de sauter avec), ce qui vaudra au 800 SI (dont le miroir n’est plus là où il devrait être) un séjour dans les ateliers Minolta.

 

Aucune chance de rebrousser chemin, et brusquement 2 échelles à pic : mal fichues, en fer et la première en plein soleil, donc archi brûlante. J’ai des sueurs froides rien qu’à l’idée de descendre ces horreurs, d’autant que je ne vais pas laisser ici le matériel !

 

Une heure à pester contre le gardien de l’église qui m’a indiqué ce chemin après que je lui ai expliqué que j’avais le vertige et le matériel à transporter। Contre la Cappadoce, pleine de poussière et de chemins pas praticables et sans le moindre Kurde secourable. Contre l’autre naze qui m’a fait perdre 3 jours et empêchée de faire le parcours prévu : loin d’ici !

 

 

 

 

 

 

 

Je finis quand même par arriver entière, mais trop tard pour reprendre le trajet en sens inverse pour atteindre l’église aux pigeons dont le nom me plaisait bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

Heureusement, la journée se termine agréablement, en compagnie de Français profs à Alep et d’un succulent dîner : toujours ça, et puis j’ai plein de chouettes photos.