Bonjour Erbil… au revoir Erbil !

Aucune idée du temps dont je dispose avant de retrouver Shivan et Rezan. Comme ils peuvent aussi bien appeler à 11 h qu’à 16 h, je décide de ne pas trop m’éloigner pour pouvoir récupérer mes sacs assez vite.

En attendant, je les laisse à la réception où je dois rappeler que je leur dois aussi le prix du taxi d’hier qu’ils oublient évidemment de me réclamer.

Artisans

Artisans

Un tour sur la place aux jets d’eau pour tester le trépied de voyage que j’ai emporté histoire d’avoir encore un peu plus de matériel à trimballer : j’aurais mieux fait de l’essayer avant, parce que là, j’ai l’air parfaitement stupide à bidouiller les petites manettes et les vis qui sont censées tenir l’appareil droit et à la bonne hauteur. Devant l’attroupement qui se forme autour de moi, je préfère remballer mon installation bancale avant de perdre toute crédibilité, d’autant que ça me prend plus de 10 mn pour comprendre comment replier ce put*&# de trépied.

Resto : là ça va, j’assure ! Mon portable sonne : interlocuteur inconnu mais qui insiste. Il se fout visiblement de notre absence complète de vocabulaire commun, veut juste que je lui cause… et rappellera plus de 20 fois dans la journée, et les suivantes !

Deux jolies jeunes femmes veulent savoir si je suis photographe et me demandent la permission de me prendre en photo avec elles avant de partir, sans attendre que je puisse en faire autant, mais on a échangé nos Facebook. Dommage, pour une fois que je croise des jolies nanas pas déguisées en musulmanes de choc à Erbil.

J’hésite à monter à la citadelle, mais comme j’ai peut-être plusieurs heures devant moi, j’entame quand même l’ascension. Il y a de gros blocs de béton devant l’entrée, mais on peut passer par le chemin à gauche. Cinq minutes d’arrêt pour reprendre mon souffle et monter les objectifs : c’est évidemment le moment que choisit Shivan pour appeler ! Rendez-vous au garage dans une demi-heure vu qu’ils ne retrouvent plus leur chauffeur. Sprint pour redescendre, ranger le matos, récupérer les sacs, trouver un taxi… et attendre !

Personne ne comprends évidemment pourquoi je refuse le premier taxi, puis le deuxième et les suivants, mais ils finissent par admettre que j’ai décidé de venir glandouiller ici avec mes sacs, donc on m’installe une chaise en veillant à ce que je ne manque pas d’eau, de clopes, de thé, de gâteaux, de chewing gum, de bonbons…

Heureusement, Shivan et Rezan finissent par arriver… avec le chauffeur le plus dingue d’Erbil ! Un vrai malade qui va passer trois heures à rouler à fond en klaxonnant,  en insultant, et en faisant des queues de poisson à toutes les voitures qui ont l’audace d’être devant lui.

Mon mystérieux correspondant continue à appeler : je lui passe Shivan, mais il ne veut pas lui causer. Après plusieurs tentatives, Shivan m’annonce que je vais être tranquille, il ne va plus oser m’ennuyer… exact, j’ai la paix pendant pratiquement une heure !

En voyant la photo de ma chère Sheikh qui est en écran d’accueil sur mon portable. Shivan veut savoir qui c’est, avant de constater qu’elle est trop Sheikh pour lui !

Il m’accompagne au Bircin pour m’aider à porter les sacs et expliquer mon cas à l’accueil. Le réceptionniste ne voit pas où c’est marqué Roxane sur mon passeport, mais il capitule quand Shivan lui indique l’endroit. Il capitule, mais avec un regard interrogatif dans ma direction : je suis pliée de rire ! Evidemment, pour trouver mon pseudo sur mes papiers, faut avoir de l’imagination… mais mon pote est tellement persuadé que c’est Roxane, qu’il a réussi à lire Roxane !

En Turquie, ça ne pose pas de problème, les Kurdes sont tellement habitués aux pseudos de la guérilla qu’ils trouvent ça normal. Faut juste que je me souvienne à qui j’ai dit quoi. Ici, tout le monde est persuadé que c’est Roxane, et comme j’adore leurs tentatives pour prononcer ce truc barbare…

Le réceptionniste m’attribue une chambre sans fenêtre, avant de frapper à ma porte pour me faire déménager dans une plus grande avec fenêtres cette fois, et cafards : ici, c’est comme d’hab., cafards ou pas de fenêtre…

Mersin tantuni

Mon fastfood habituel

Mon fournisseur de clopes (2.250 dinars contre 3.500 à Erbil) en face est ravi de me revoir et tient à ce que j’emporte des bonbons.

Fin de journée à mon fast-food habituel où tout le monde défile pour me parler. Comme ils sont tous Kurdes, de Syrie ou de Turquie, ça fait une bonne révision de turc !

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