Erbil civilization museum

Au petit déj., un Bagdadi s’installe sans façon à ma table. Il vient régulièrement au Kurdistan pour ses affaires et m’explique que si je veux venir visiter la ville des califes, Kerbala et Babylone dont je me souviendrai toute ma vie, ça ne pose pas de problème. Sa famille est installée là-bas depuis 1911 et les habitants de Bagdad sont prêts à assurer la sécurité des visiteurs : ils veulent leurs touristes ! Très sympa, mais il a du mal à comprendre mon anglais et moi le sien, ce qui m’empêche d’obtenir plus d’infos.

Khasro appelle à 10 h pour savoir si je suis réveillée (encore heureux !) et pour être sûr que je vais bien m’installer à l’Ishtar gate hotel. Le nom est curieux pour un hôtel kurde : ont-ils décidé de revendiquer le passé assyrien ? Je dois y choisir la chambre qui me plait, parce que je suis quand même là pour un mois… Quoi !? Mais où a-t-il été pécher que je resterai un mois à Erbil ???

Yézidi

Yézidi

Comme promis hier soir aux jeunes Yézidis, je les prends en photo avant de partir, et leur collègue Bengali aussi, pendant que j’y suis, qui a l’air touché que je ne le laisse pas à l’écart. Ils se passent entre eux mon sac, puis mon sac photo, éberlués par le poids que je trimballe, et concluent à l’unanimité que les Françaises sont wouah,  super fortiches… et que je dois être une grande sportive !

J’explique à la réception que je dois changer des euros, ce qui ne va pas être très compliqué vu que l’hôtel est près du bazar, mais ils ont encore moins compliqué : un signe dans la rue et un type arrive avec sa mallette. Le réceptionniste s’occupe de vérifier la transaction pour moi (460.000 dinars pour 300 €) et se marre quand il me voit enlever l’élastique autour de la liasse. En fait, l’élastique il faut le laisser positionné à l’une des extrémités, ce qui permet de compter les billets tout en maintenant fermement le paquet.

A l’Ishtar gate, l’accueil est plutôt frisquet et encore plus quand je tends la fameuse carte Khasro. Zarbi pour des neveux dudit Khasro, et je leur trouve plutôt beaucoup un type arabe. La chambre est très bof, mais la salle d’eau et les draps sont propres, et il y a Internet… et aussi un tapis de prière.

A l’Erbil civilization museum, le peshmerga à l’entrée veut discuter et me tend d’office une clope. Un deuxième arrive et insiste pour que je m’assoie sur une chaise qu’il vient d’apporter dans leur guérite où ils ont bricolé une clim. Blablas et thé d’usage avant de pouvoir aller visiter le musée.

Dehors  à l’entrée, il y a une stèle en pierre noire avec des inscriptions cunéiformes, une statue sans tête trop abimée pour deviner qui elle représente, et deux statues (à priori des copies) qui devaient servir de bases de colonnettes et représentent Ea, le dieu assyrien au vase jaillissant.

Dans l’entrée, plusieurs jarres en terre et des mortiers en pierre.

Avant d’entrer dans la première salle, je suis censée dégainer la fameuse carte Khasro pour que la magie opérant, les vitrines s’ouvrent pour que je puisse photographier dans les meilleures conditions, mais bon, je préfère faire sans malgré les reflets de l’éclairage sur les vitrines.

Crâne de Néandertalien de Shanidar

Crâne de Néandertalien de Shanidar

Le guide m’a rejointe pour me donner toutes les indications dont j’ai besoin. Il y a des légendes traduites en anglais, mais il me fournit quelques infos complémentaires. Je commence à photographier un crâne (en plâtre) d’un Néandertalien de Shanidar, quelques coupes en poterie et… un porteur de costard vient m’informer que je ne peux pas photographier. Devant son air froid, je n’ai pas grand-chose à perdre à sortir le soi-disant sésame et à demander à voir un certain Haydar (ami du sésame) pour obtenir une autorisation.

M. Haydar (dont je n’ai pas retenu le nom) étant absent,  je sors un mini carnet et entreprends consciencieusement de dessiner (c’est pas beau à voir !) les objets qui m’intéressent, et à copier les légendes, tout en discutant avec le guide.

Arrivée devant une inscription sumérienne, le costard (directeur d’après ce que j’ai compris), s’humanise un peu et à l’air de regretter d’avoir fait acte d’autorité : maintenant qu’il a interdit, il est obligé de suivre et comme j’ai commencé à copier l’inscription sumérienne, j’espère pour lui qu’il n’avait pas prévu autre chose jusqu’à la fermeture… Comme il n’a pas la traduction (en cours soi-disant), je lui fournis celle de quelques caractères : il me demande de revenir demain pour obtenir une autorisation.

Poterie funéraire

C’est une fille !

Il y a plusieurs copies d’objets sumériens dont certains originaux sont au Louvre, mais surtout de nombreuse pièces du 4e millénaire avant JC (environ « 3100 – 3500 ») qui proviennent de Qaling agha hill (Erbil) : jarres en poterie, pierres polies, 2 poteries qui ont servi de cercueil à des enfants, un garçon (forme ovoïde)  et une fille (en forme de champignon : ils lui ont mis un collier pour qu’on sache que c’est une fille),  de la vaisselle avec un décor ocre géométrique dont un tesson avec un motif de tressage et un serpent, des coupes (3e dynastie Sumer), des jarres à anse, un poids en pierre noire en forme de canard d’environ 50 cm et d’une hauteur de 25 cm, des poteries en terre cuite dont un bélier et un cochon, des masses d’armes, une pierre de seuil en basalte noir, de la vaisselle en argent du 2e millénaire, des clous de fondation…

Le guide qui est désolé de l’interdiction photo dont il n’a pas l’explication est content de pouvoir m’indiquer où est Qaling agha hill et même de m’y emmener. En fait, c’est dans l’enceinte du musée, juste derrière. Je photographie vite fait en plein soleil (on dépasse très largement les 40° après lesquels Sony ne garantit plus rien) quelques tessons qui trainent sur la colline et il tient à ce qu’on prenne un thé ensemble dans son local avant de fumer une clope.

Les horaires du musée  c’est 8 h 30 – 14 h.

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