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13 juil 2002 Aktamar
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Petit dej a l’hotel qui n’en sert pas habituellement, mais Orhan (le fils du patron) va nous chercher des petits pains et le serveur-réceptionniste nous prépare du Nescafé (on tend notre boite) pendant que l’on bavarde। Des que je fais un pas dans cet hotel, je tombe sur lui : il n’attend visiblement qu’un sourire et me demande la permission de nettoyer personnellement la chambre (dans l’état ou elle est, ça ne peut pas faire de mal).

Orhan nous accompagne a la bonne station de dolmus ou un gamin, puis sa soeur, viennent me dire bonjour… et reviennent chacun leur tour pour me serrer cérémonieusement la main। Evidemment, ils sont envoyés par papa qui me fait de grands  »coucou ».

 

Pour aller a Akdamar – selon les panneaux – ou Aktamar – ça c’est la carte – (43 km 1।750.000 tl), on fait un arret a Gevas (10 800 habitants), avant de prendre le feribot (3,5 millions par personne). L’ile réunit des conditions idéales : bleus du lac et du ciel, quelques jolis nuages blancs, soleil, verdure, montagnes et l’église. Enfin, tout pour se faire plaisir en photos… on va essayer de s’en souvenir demain : on va au chateau d’Hosab, visite recommandée par notre source d’info jusqu’ici un peu défaillante. Vu la photo d’un dépliant touristique et l’incompréhension d’Orhan qui prétend nous envoyer dans des lieux jolis et agréables… on hésite quand meme un peu a perdre du temps (et de précieuses pellicules), mais on a finalement décidé de faire confiance au  »spécialiste ».

Apres Aktamar, resto pour gouter les poissons du lac (+ biere et salade : 16 millions pour 2, le coin étant touristique). Pour info, il y a un camping avec des lits, des tentes en dur (!), des machines a laver et de la fud.

Au Caldiran, la chambre a été récurée (c’est la 208, au cas ou, ça peut servir) : il a du y passer la journée ! Et l’internet café nous accueille avec un éclair au chocolat : comme dit le Guide du Routard, les Kurdes sont farouches et le Sud-Est dangereux !

Au fait, le panneau de Van – selon Sandrine qui ne sait plus au juste combien elle a vu de zéros – prétend qu’il y a 226 000 habitants, et dans les  »divers », je tiens a signaler que les propos fallacieux envers le HADEP n’engagent que leur auteur…

Bon 14 juillet !

13 juil 2002 Aktamar – Camping Restaurant
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Parfois des enfants au visage d’ange entre leurs parents aux faces irrémédiablement sans âme et bovines. On se demande comment cela se fait. Et à partir de quand et pourquoi ils vont un jour troquer leurs traits fins et leurs yeux éclairés, initiés, contre les mufles apathiques de leurs géniteurs.

A la boutique-souvenirs d’Aktamar, on ne trouve aucune carte postale d’Aktamar mais 200 du temple d’Athéna à Assos et un sac en tissu décoré des portraits des héros hindous Rama et Sita. En face, au restaurant, il y a des vues d’Akatamar mais qui ont dû passer au moins 5 ans sur les étals, en plein air. Et après ça on me reprochera de ne jamais envoyer de cartes postales…

13 juil 2002 Eglise d’Aktamar
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Maintenant je lis Henry Corbin en détail et je vois avec une grande satisfaction que ses idées sur l’imamisme permanent, presque anté-islamique du monde iranien rejoignent bien mes théories sur les dragons kurdes et la parousie du 12ème imam। Cette idée du Sauveur, de l’astre caché est récurrente aussi chez les Kurdes. Il suffit de relire Khani, cette attente qu’un astre surgisse pour les Kurdes, un padichah qui les sauveraient des méchants… Les dragons sur la porte du monastère de Mardin ne m’étonnent pas au regard de la collusion entre le sauveur chrétien, le mahdi et le Saoshyan de l’ancien Iran (l’Imam est parfois appelé le second Christ).

 

Sur l’église arménienne d’Aktamar, on voit d’ailleurs ces serpents et ces lions। Sous la figure du Christ tenant les Evangiles, celles de Cem trônant jambes croisées, coupe en main (en tous cas le geste y est). Sur une stèle funéraire, la croix en place de l’arbre de vie mésopotamien se termine à la base par deux têtes de dragons très stylisées rappelant en tous points ceux d’Erzouroum. Quand on pense que certains appellent cela « art seldjoukjide » je ricane…

 

Des motifs mésopotamiens sont en bonne place, telle cette figure de saint entre deux lions (cf. le Maitre des Animaux) et des animaux affrontés se tenant sur deux pattes arrières, tout à fait comme ceux du Mitanni et du Louristan. Pour figurer la baleine de Jonas, on a repris la forme du dragon des Eaux.