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Archive de ◊ avril, 2003 ◊
A part ça, je suis passée voir Meri, une charmante et passionnante vieille dame de 80 ans. D’origine arménienne, elle était prof de français – entre autres – et avoue être une turcophile convaincue, avec une tres nette faiblesse pour les Anatoliens… Malgré sa carriere, elle n’hésite pas un instant a essayer de me convaincre que le turc ne s’apprend pas a l’école, mais en parlant avec ses amis : a bonne entendeuse !
En dehors des Turcs, elle a une autre passion : depuis 46 ans, elle note soigneusement dans des cahiers des recettes de cuisine. Etant veuve depuis l’âge de 38 ans, elle n’a qu’un fils et aucune fille ou petite fille a qui léguer le travail de tant d’années. Je repars donc avec pres de 4.000 recettes en tous genres : confitures, compotes, cremes, desserts, borek, légumes, viandes, soupes, poissons… Gabi qui m’a accompagnée doit revenir pour lui rendre les carnets et en récupérer d’autres… et se charger de la traduction !
Pendant que j’étais dans le coin, je suis passée dans la rue du siege du HADEP d’Istanbul : ils n’ont pas trainé pour effacer toutes traces de son existence…


Au caravansérail des orfevres, on se croirait revenu quelques siecles plus tôt : l’argent y est travaillé de façon totalement artisanale avec un savoir-faire que se transmettent de pere en fils des artisans d’origine arménienne. Il est possible d’y acheter des pieces (au poids) a des prix beaucoup plus bas que ceux pratiqués au Grand bazar qui les commercialise également. Si vous passez dans le coin, il faut impérativement essayer de trouver le détenteur des clefs qui donnent acces aux toits (un magasin qui fait un angle au 1er étage). Vue splendide sur le Bosphore et frissons garantis, surtout si vous suivez les prévisions météorologiques de Yahoo !
De jolis jardins donnent sur le Bosphore, les lignes du palais – contruit au milieu du 19e siecle – sont élégantes et l’intérieur est magnifique : les lustres et l’escalier principal dont les piliers de la rampe sont en cristal de Baccarat notamment sont splendides. Dommage que la visite guidée soit obligatoire et… au pas de course. Pour les photos ce n’est pas génial : le troupeau est toujours dans le champ, et entre la guide qui ouvre le parcours et le gardien qui ferme la marche et me suit pas a pas pour prévenir toute échappée, je n’ai pas vraiment les coudées franches.
Le harem n’est pas meublé et plus banal extérieurement… pour 4 millions de plus la visite.
La semaine derniere, pour mon anniversaire, Rino a pensé au champagne et Gabi s’est chargé du gâteau a la framboise (sympa, il n’a mis qu’une bougie pour symboliser l’année supplémentaire) : grave sujet de discorde qui dure depuis des mois avec Rino les framboises ! Lui (et tous les Turcs interrogés d’ailleurs) prétend qu’on utilise le mot français, quand je persiste a préférer (les dicos aussi) ahududu (aoudoudou). On attend que les Américains viennent nous départager quand ils seront moins occupés, les Turcs refusant énergiquement de se risquer sur ce coup la !
A part ça, 2 visites sympas a faire :
La tour de Galata (6 millions l’entrée) qui offre une splendide vue panoramique sur Istanbul avec notamment Ste Sophie, Topkapi, la Suleymaniye, le Bosphore et la mosquée bleue. Au sujet de cette derniere, contrairement a ce qu’affirment la plupart des guides touristiques, elle ne doit pas son nom aux décos intérieures (plutôt vertes en fait), mais a la teinte légerement bleutée qu’elle prend a la tombée du jour.
L’un des réceptionnistes a l’entrée de la tour a aboyé qu’il devait y avoir du matériel photo dans mon sac photo (dans certains monuments, le matériel professionnel est interdit ou donne lieu a perception d’un supplément). La caissiere m’a demandé avec un grand sourire de l’ouvrir pour vérifier, et a annoncé au grognon de service « hayir, çok küçük ! » (non, tres petit) pendant que je remettais en place les 2 boitiers et les 3 objectifs… En haut, un français a essayé le télé et le grand angle. Quand je lui ai dit que j’apprenais le turc, il m’a fait remarquer qu’ici je ne devais pas avoir de probleme pour trouver des profs, vu que les Turcs – se foutant royalement de sa présence – ne se genaient pas pour aborder sa femme en permanence…
Par beau temps, ça vaut le coup en cette saison d’aller faire un tour aux iles aux Princes (4,5 millions aller/retour).
…et plein de mimosas odorants dont les boules jaunes tranchent sur le vert des sous-bois et le bleu de la mer. Pour ceux qui veulent en rapporter, il y a des vendeurs au départ des bateaux (1 million le bouquet).
Pour info. : « île » en turc c’est « ada », et « dans l’île » c’est « adada »… ![]()


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